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Marchés émergents : faut-il rééquilibrer son allocation d’actifs en 2026 ?

Marchés émergents : vers un nouveau cycle d’investissement majeur

Introduction

Dans un environnement macroéconomique marqué par la recomposition des flux commerciaux, la montée des tensions géopolitiques et la remise en question de l’exceptionnalisme boursier américain, les investisseurs avertis réinterrogent leurs schémas d’allocation d’actifs. Les récentes interventions médiatiques d’experts de la gestion de patrimoine mettent en lumière un constat désormais difficile à ignorer : les marchés émergents ne sont plus une simple promesse de croissance future, mais des économies matures entrant dans une nouvelle phase de valorisation.

Cette lecture s’inscrit dans une approche analytique et rationnelle, éloignée des effets de mode. Elle repose sur des fondamentaux économiques solides, une dynamique démographique différenciante et une capacité d’innovation désormais comparable à celle des économies développées. Pour les chefs d’entreprise et investisseurs patrimoniaux, cette réflexion mérite d’être intégrée dans une vision globale et long terme de la stratégie patrimoniale.

Les marchés émergents, une réalité économique désormais installée

Longtemps perçus comme des marchés périphériques, les pays émergents concentrent aujourd’hui plusieurs leviers majeurs de la croissance mondiale. Leur premier atout réside dans leur démographie : là où les économies occidentales vieillissent, ces zones bénéficient d’une population active abondante, soutenant la consommation et l’investissement productif.

À cela s’ajoutent des ressources naturelles stratégiques, métaux industriels, hydrocarbures, terres rares, et des bases industrielles puissantes, notamment en Amérique latine et en Asie. L’accès à ces ressources constitue un avantage compétitif déterminant dans un monde marqué par la transition énergétique et la recomposition des chaînes de valeur.

Enfin, l’innovation n’est plus l’apanage des États-Unis. L’Asie concentre désormais des pôles technologiques majeurs, permettant aux investisseurs de s’exposer à la technologie mondiale sans dépendre exclusivement d’indices américains devenus fortement concentrés. Pour un dirigeant, cette diversification géographique contribue à réduire les risques systémiques tout en captant de nouveaux relais de croissance bénéficiaire.

Impacts sur les stratégies patrimoniales et l’allocation d’actifs

La montée en puissance des marchés émergents interroge directement la construction des portefeuilles patrimoniaux. Historiquement surpondérés en actifs américains, de nombreux investisseurs font aujourd’hui face à une concentration excessive des valorisations et des performances sur un nombre limité de valeurs.

Dans ce contexte, une lecture long terme plaide pour un rééquilibrage progressif des expositions géographiques. Les marchés émergents offrent encore des niveaux de valorisation attractifs, tout en affichant une croissance des bénéfices supérieure à celle des économies développées. À court et moyen terme, cette dynamique s’inscrit dans un environnement de marché où les flux de capitaux se redéploient vers les zones offrant diversification, rendement réel et potentiel de croissance.

Cette approche s’inscrit pleinement dans les principes fondamentaux de la gestion de patrimoine : allocation raisonnée, maîtrise des risques et cohérence avec les objectifs patrimoniaux globaux, qu’il s’agisse de valorisation du capital, de transmission ou d’optimisation à long terme.

Opportunités, points de vigilance et arbitrages patrimoniaux

L’émergence de ce nouveau cycle d’investissement n’est pas exempte de risques. Les investisseurs doivent intégrer les enjeux politiques, réglementaires et monétaires propres à ces zones. La liquidité des marchés, la gouvernance des entreprises et la stabilité des devises demeurent des paramètres essentiels dans toute stratégie d’investissement international.

Pour autant, ces contraintes expliquent en partie les décotes persistantes observées sur certains marchés émergents. Elles créent des opportunités d’arbitrage pertinentes, à condition de s’inscrire dans une démarche structurée et accompagnée. Le rôle du conseil patrimonial prend ici toute sa dimension : analyser, sélectionner, diversifier et inscrire chaque décision dans une stratégie globale cohérente avec le profil et les horizons de l’investisseur.

Conclusion

Les marchés émergents ne relèvent plus d’un simple pari opportuniste. Ils s’imposent progressivement comme un pilier crédible des stratégies d’investissement contemporaines, aux côtés des marchés développés. Dans un monde en recomposition, la capacité à anticiper ces mutations constitue un facteur clé de performance patrimoniale.

Pour les dirigeants et investisseurs avertis, l’enjeu n’est pas de suivre une tendance, mais de comprendre les cycles, d’en mesurer les implications et de s’inscrire dans une vision patrimoniale de long terme. S’informer, structurer et s’entourer d’un accompagnement expert demeure plus que jamais un levier stratégique.

Retrouvez régulièrement les interventions d'Igor DE MAACK et du cabinet de conseil en gestion de patrimoine sur le plateau de BFM BUSINESS.