Pourquoi les banques françaises redeviennent stratégiques dans un portefeuille diversifié
Des valorisations encore très attractives malgré des performances déjà solides
1. BNP Paribas et Crédit Agricole : des multiples de valorisation parmi les plus bas d’Europe
Alors que l’indice Eurobanks progresse de plus de 60 %, BNP Paribas et Crédit Agricole affichent encore des multiples particulièrement faibles :
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PER entre 8 et 9
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Price-to-book inférieur à 1, un niveau traduisant traditionnellement… une destruction de valeur alors même que leur rentabilité du capital augmente.
BNP vise désormais un ROE de 13 %, renforçant l’attrait de son profil. Pour Crédit Agricole, la solidité historique du modèle universel et l’exposition internationale — notamment en Italie — demeurent des moteurs puissants. Dans les deux cas, les investisseurs paient encore trop peu pour une qualité de bilan pourtant exceptionnelle.
2. Société Générale : un redressement spectaculaire mais encore des marges de progression
La banque rouge et noire a déjà repris plus de 17 % cette année, portée par un travail de restructuration profond. Le marché a salué le nouveau management, et la dynamique opérationnelle confirme la trajectoire. Malgré ce rebond, la valorisation reste modérée au regard du repositionnement stratégique.
3. Des dividendes généreux et renforcés par les rachats d’actions
BNP vient d’annoncer un programme massif de rachat d’actions dépassant 1 milliard d’euros, assorti d’une politique de solvabilité rehaussée. Pour les investisseurs en quête de rendement, le secteur bancaire français propose aujourd’hui un couple performance / dividende particulièrement compétitif — une rareté sur le marché européen.
Un socle macro et réglementaire qui renforce l’avantage européen
1. Une régulation exigeante qui devient un atout
Le marché oppose souvent la dérégulation américaine à la robustesse européenne. Pourtant, cette dernière offre un avantage structurel : des banques sur-capitalisées, extrêmement résilientes, capables de choyer leurs actionnaires grâce à une distribution régulière de dividendes et de rachats.
2. Une normalisation monétaire favorable
La stabilisation attendue des politiques monétaires — baisse graduelle des taux de la Fed, réduction progressive des programmes de resserrement quantitatif — crée un contexte porteur pour les bilans bancaires. Cela soutient la marge d’intermédiation, tout en diminuant la pression sur les portefeuilles obligataires souverains.
3. Les risques FinTech désormais mieux intégrés
Les craintes liées à la concurrence des FinTech se sont atténuées. Les banques traditionnelles ont absorbé l’essentiel du choc en développant leurs propres solutions de paiement et de banque digitale. Leur rôle de socle de l’économie reste incontournable — un point trop souvent sous-estimé.
Environnement de marché : rotation sectorielle, prudence sur la tech et opportunités Value
1. Une perte d’entrain sur la technologie
L’immense mouvement de flux captés par l’intelligence artificielle marque une pause. Certains analystes évoquent même une “perte de libido” du marché face à la tech, dont les valorisations interrogent. Cette rotation naturelle ouvre un espace pour des secteurs Value, dont la banque est le premier représentant.
2. Une Europe plus résiliente que prévu
Dans un décalage étonnant, plusieurs indicateurs industriels européens se révèlent supérieurs aux PMI américains. Les secteurs exportateurs — notamment luxe et aéronautique — se maintiennent solidement, dopant indirectement l’écosystème bancaire.
3. Une "récession cachée" aux États-Unis
Selon certains économistes réputés, l’économie américaine serait déjà partiellement en récession, seule la tech masquant la réalité du terrain. Dans ce cadre, l’investissement Value européen apparaît comme un choix rationnel, équilibré et moins exposé aux excès spéculatifs.
Conclusion – Les banques françaises : un segment encore sous-estimé, mais stratégiquement indispensable
Solides, rentables, faiblement valorisées et généreuses envers leurs actionnaires, les grandes banques françaises — BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale — offrent aujourd’hui un potentiel de marché particulièrement attrayant. Dans une période où la prudence domine et où les excès de la technologie se normalisent, ce secteur redevient un pilier rationnel pour diversifier un portefeuille.
Pour un investisseur long terme cherchant performance, visibilité et rendement : le timing pour renforcer le secteur bancaire français n’a jamais été aussi pertinent.
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