URBI ET ORBI - La Plume par Igor DE MAACK
L’instant marché financier
Cette locution papale (qui symboliquement se traduit par « à tout le monde » ou « partout à la fois ») aurait pu être le message commun des super-puissances économiques (États-Unis et Chine) au monde après la rencontre récente de leurs dirigeants. Ces deux pays représentent désormais plus de 40 % du PIB mondial et croissent à des vitesses respectives de 2 % et 4 % quand l’Europe végète autour de 1 %.
Si le conflit économique semble se désarmer quelque peu entre Donald Trump et Xi Jinping, il n’en est rien sur les théâtres militaires (Ukraine et Iran) délocalisés. L’inflation et la peur justifiée des dérives budgétaires des États impécunieux ont poussé les taux d’intérêt à une nouvelle flambée : Treasury Bill américain 10 ans à 5,3 % et OAT 10 ans à 4,7 %.
Pendant que les dirigeants essaient de maîtriser une Intelligence Artificielle (IA) qui se mue en véritable cheval de Troie incontrôlable, les grandes démocraties assistent en direct à leur vulnérabilité informatique (cybersécurité) et électorale (radicalités des élites et des classes populaires). En France, les actions sous-performent largement leurs consœurs européennes depuis janvier 2026 mais aussi en réalité depuis août 2024. Le spread avec le Bund 10 ans allemand ne cesse de remonter atteignant ainsi le seuil fatidique des 105-110 points de base, un niveau inédit depuis la crise de la zone euro en 2012. Le message des marchés devient limpide sur les actifs politiques à risque : les éviter !
Dans ce contexte, il est difficile d’engendrer de la performance en dehors des secteurs pétroliers et des valeurs technologiques américaines. Les obligations des entreprises (crédit cross over) et les obligations souveraines émises par des États émergents peuvent représenter une soupape de performance mais avec une certaine volatilité. Cependant, elles ne sont pas immunisées contre les risques systémiques, le principal d’entre eux étant, à ce jour, l’affaissement de la croissance mondiale sous les coups de boutoir des prix de l’énergie et des taux d’intérêt. Pour l’instant, le scénario d’un déraillement de la croissance du PIB mondial n’a pas encore pris forme.
Les régimes de gérontocratie économique du fait du vieillissement démographique (le grand ralentissement) font face à des changements comportementaux structurels d’un point de vue socio-économique. Les pays surdéveloppés et vieillissants passent d’un statut d’économie de production rapide de masse à celui d’économie de consommation molle et lente. Détecter les secteurs et les modèles qui en profiteront représente sûrement l’un des défis actuels majeurs des investisseurs.
La météo des marchés

La valeur du mois • LEGRAND
La société d’équipements électriques vient d’annoncer ses nouveaux objectifs avec une croissance organique de ses ventes comprise entre 6 % et 8 %, en moyenne (contre 3 % à 5 % précédemment), sur la période 2027-2030, associée à une marge opérationnelle ajustée allant de 21 % à 22 % (contre 20 % précédemment). L’électrification et le fort développement des data centers constituent des axes forts de soutien de ces agrégats opérationnels.
Le mot de la fin
En Chine vers 1851 puis les années qui suivirent, la révolte des Taïping (ou la société des adorateurs de Dieu comme l’avait surnommée son fondateur Hong) fut l’une des plus sanglantes guerres civiles de l’humanité dans un empire alors extrêmement unifié et administré par la bureaucratie de la dynastie Qing ; une ironie de l’histoire quand on pense que « taïping » signifie « grande paix ».
La Plume VITALÉPARGNE par Igor DE MAACK - Octobre 2026
Retrouvez le précédent numéro de septembre « Icebergs en vue » - La Plume par Igor DE MAACK.
Rédacteur : Igor DE MAACK • Presse : Stevens Lefort - slefort@vitalepargne.com
Crédit photo : Fabio Fistarol / Unsplash